« Big Shoot dit la fiction de l’homme happé par la quête fascisante d’une émotion fulgurante et absolue, la mort comme expérience consumériste, la tentation exterminationniste d’une humanité à bout de désir, et qui élève la construction du crime parfait au statut d’œuvre d’art absolu. »

Koffi Kwahulé

Note d’intention

Poésie vulgaire, malsaine, fascinante et crispante.

Langue organique, coulante, extrêmement sexuelle. La mise à mort instituée en show : un carré, 2 hommes. L’un est bourreau, l’autre, son ultime victime. Big Shoot est une invitation à une cérémonie macabre où le public prend une part active. Une plongée morbide dans la nature humaine.

Truffé de clichés sur les interrogatoires, passages à tabac, garde à vue, Big Shoot les faits tomber les uns après les autres pour n’en garder qu’un état du monde burlesque et tragique. Un monde en quête désespérée d’une suspension du temps après le geste parfait : la mise à mort d’une personne… condensé d’univers qui sublimerait l’être humain. Big Shoot est une métaphysique des corps qui nous questionne sur notre ambivalence de spectateur. La pièce résonne de la mécanique barbare où quand un groupe est amené à une idéologie menant à une déshumanisation de ces victimes, le bourreau lui-même est amené à poursuivre cette même voie. Dans un souci constant de redéfinir le réel, il s’agira pour nous d’emmener nos réflexions sur l’écriture d’une proposition artistique d’immersion en espace public. Une volonté d’accentuer la dimension hyper-réaliste de l’œuvre dans une recherche d’innovation d’usage de ces outils numériques sans perdre la dimension métaphysique de la pièce. Un désir d’analyse en réaction aux flots d’images dont nous sommes assaillis… rendant irréels, lointains et abstraits les conflits traités.

– Djamel Afnaï

« Une boîte. Peut-être un abattoir. Sans odeur ou trace de sang. Un abattoir excessivement propre, nettoyé à l’ammoniaque, clean. Peut-être une arène. Pas de lutteur. Simplement une arène. En tous les cas, pas un ring. Surtout pas. Finalement, une boîte. Carrée de préférence. Donc une boîte, carrée, deux hommes. »

Koffi Kwahulé Didascalies de Ko

Dispositif

Décortication du geste meurtrier, Big Shoot nous interroge sur notre position ambivalente d’explorateur menant à distance le sujet à travers son smartphone, mais aussi complice de la situation en voyeur anonyme… Notre volonté sera d’accentuer la relation physique de proximité avec les interprètes, générée par la juxtaposition des images : celles créées par les comédiens, mais aussi celles par les spectateurs devenus réalisateurs. Les visages de ceux qui assistent à l’événement, nous aident à donner une dimension collective à nos propres réactions…

Attention certaines scènes peuvent heurter la sensibilité des plus jeunes.

L’équipe artistique

  • Meteur en scene de Big Shoot

    Djamel Afnaï Directeur artistique

  • Auteur de Big Shoot

    Koffi Kwahulé Auteur

  • Comédien dans Big Shoot

    Dominique Bettenfeld Comédien

  • Comédien dans big shoot

    Lyazid Khimoum Comédien

La première fois avec New York… c’est la seule ville pour laquelle il y a toujours une première fois. Comme pour une femme… la première fois ç’a été brusque et violent. Une vraie trique. Divine. Une ville à prendre de partout. Diabolique. Comme la jeunesse. Comme toute l’Amérique. L’Amérique restera éternellement jeune, Stan ; elle est condamnée à rester jeune. C’est sa fatalité, la jeunesse ; sa religion, et sa force aussi. c’est pas comme l’Europe. L’Europe est arrêtée. Figée. Satisfaite d’être vieille. de temps en temps, on répare une route, un pont, une loi. On répare mais on ne change pas; on bricole. Elle est bien contente, l’Europe, dans son rocking-chair de Vieux continent… ce n’est plus une promesse, l’Europe, c’est un capharnaüm de souvenirs. L’Afrique elle, elle a vieilli avant le monde. Comme un enfant rachitique… Parce qu’elle est née trop tôt, avant terme, avant tout. Elle n’a jamais été jeune, l’Afrique. Elle est née, elle a vieilli. Comme un fruit qui pourrit sur l’arbre avant d’avoir eu le temps de mûrir… L’Afrique est tellement vieille qu’elle est tombée en enfance… Je parie que tu n’as jamais prié pour elle Stan… I did, I often prayed and mostly I cried for Africa… But New York ! Ah, New York !… If the whole world could be New York !… Là sincèrement Stan, tu trouves que j’ai de l’accent ?

Oui.

Video by FilmSpektakel

téo gentilBig Shoot